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On ne cesse de vouloir nous présenter l’éventuelle arrivée d’un gigantesque parc éolien au large de Dunkerque comme étant, sinon l’opportunité du siècle, du moins une chance historique à ne pas laisser passer.
Il faut bien de la volonté pour s’opposer à cette vue de l’esprit comme étant une évidence allant de soi.
La fameuse transition énergétique, les énergies renouvelables, l’électricité “verte” bonne pour la planète...et les retombées fiscales.
J’ai eu l’occasion dans une tribune précédente (Parc éolien offshore ? Environnement et souveraineté malmenés) de dire tout le bien que je pensais de ce projet qui participe en réalité du démantèlement d’EDF, de la déconstruction de l’indépendance énergétique de la France et donc d’une dépendance accrue en direction de puissances étrangères, en particulier celles qui fournissent les métaux rares.
Je souhaite aujourd’hui m’attarder sur les conséquences à long terme que ce projet, s’il voit le jour, risquent de faire prendre plus particulièrement à notre territoire.
Je sais pertinemment qu’il n’est jamais facile d’endosser le rôle de l’oiseau de mauvais augure, mais je sais aussi qu' il est parfois nécessaire de prendre son courage à deux mains et dire ce que l’on pense.
Prenons tout simplement une carte et regardons notre géographie.
Sur notre gauche, l’axe industrialo portuaire de toute la vallée de la Seine s’est structuré et les trois ports du Havre, de Rouen et de Paris viennent de fusionner pour donner naissance à une nouvelle entité, HAROPA.
A la tête de cette nouvelle infrastructure, vient d’être nommé un homme de grand talent, que nous connaissons bien, Mr Stéphane Raison qui était le directeur du Grand port maritime de Dunkerque.
Du bassin parisien jusqu’à l’embouchure de la Seine, du canal Seine-Nord au bassin du Rhin et de l’Escaut, alors que le Grand Paris se structure, il devient de fait un acteur portuaire et industriel majeur dans la compétition européenne et mondiale. Rappelons-nous sans cesse cette tentation de l’Etat de ne plus avoir que deux grands ports en France Marseille pour la Méditerranée et le Havre pour le rail Manche/Mer du Nord. Faut-il encore rappeler que dans ce domaine comme dans d’autre rien n’est simple Mais pourquoi madame Agnès Firmin-Le Bodo, députée du Havre veut la peau de Dunkerque?
Sur notre droite, un littoral Belge qui poursuit son développement, un terminal méthanier à Zeebrugge qui exploite celui de Dunkerque. Un armateur chinois de taille mondiale qui s’y est installé (COSCO) et en est le propriétaire mis à part le terminal ferry et qui devient un” hub” chinois pour les routes de la soie qui y transitent en direction du Royaume-Uni et des pays du Nord.
Au centre, nous. Avec un projet de parc éolien en mer de près de 50 km2, de 46 machines géantes de 300 mètres à l’efficacité discutable.
Ce projet va stratégiquement nous enfermer.
Il nous faut désormais avoir une véritable vision du développement de notre territoire. Une fois de plus, nous ne pouvons que nous désoler de l’affaiblissement considérable du poids et du rôle du PMCO (Pôle métropolitain de la Côte d’Opale) qui a été littéralement vidé de sa substance ces dernières années. Il faut penser Dunkerque/Calais/Boulogne-sur-Mer. Il faut penser Communauté urbaine de la Côte d’Opale. Il faut une vraie vision stratégique à long terme, démocratique et potée sur l’avenir.
La conséquence évidente sera un rétrécissement et un repli sur lui-même de notre territoire, coincé entre un axe Seine s’adossant à la région Ile-de-France (la plus peuplée, la plus puissante et le plus riche d’Europe) et un parc éolien à dix km de notre littoral. Est-ce si difficile à comprendre ?
La colère des Belges.
Il faut rajouter à cela la colère de nos voisins et amis Belges. La Panne, Ostende, Zeebrugge sont fous furieux et l’ont clairement fait savoir. Nos seulement les collectivités locales montent au créneau, mais le Gouvernement fédéral ne compte pas en rester-là et demande d’ores et déjà des explications à l’Etat français mais envisage également de porter l'affaire devant les institutions européennes, tout comme les Chinois de COSCO.
A-t-on vraiment besoin et intérêt de nous engager dans un bras de fer avec la Belgique ? Il faut prendre connaissance des déclarations de nos voisins pour mesurer leur colère et leur détermination.
“Au cours de ces derniers mois, notre conseil municipal a adopté différentes mesures pour participer en tant que partie prenante au débat public français.
Le bourgmestre Bram Degrieck s'est rendu en personne à Paris, avec des représentants de diverses parties prenantes belges, pour engager des consultations avec les autorités françaises et les opérateurs privés.
Malgré les différentes promesses faites par le groupe industriel français, aucun contact n'a encore été établi à ce jour avec notre administration municipale en vue de concertations ou de consultations bilatérales. Cela est profondément regrettable et démontre l'indifférence du groupe EDF/RTE, ainsi que celle des autorités françaises compétentes.Par la présente notre administration municipale tient à exprimer sa préoccupation et son mécontentement particuliers concernant la construction prévue du parc éolien.
Le parc sera construit à dix kilomètres de la côte, avec une zone tampon particulièrement réduite à proximité de la frontière franco-belge. Les plans concernent 38/46 turbines de 12-16 MW dont la hauteur atteindra jusqu’à 300 m. A tort les promoteurs du projet minimisent l’impact sur l’expérience côtière et estiment que ce dommage collatéral est admissible et ne peut être quantifié économiquement.
Notre conseil municipal s’oppose formellement à l’emplacement prévu et adhérera à toute initiative visant à modifier l’emplacement du parc éolien.”
Que cherche-t-on ?
Il ne s’agit ici que de calculs à courte-vue, une vision étriquée et fondamentalement sans ambition et sans courage. Uniquement motivée par les rentrées fiscales dans les caisses d’une communauté urbaine de Dunkerque et de la ville qui parvient de plus en plus difficilement à boucler leurs fins de mois. Ce parc éolien n’est ni une chance pour la planète, ni une opportunité pour notre économie. Il faut avoir le courage de la dire et de le reconnaître, nous allons lâcher la proie pour l’ombre.
Enfin, comment refuser de prendre en compte cette contestation qui ne cesse de grandir de la part de nos concitoyens qui se sentent abandonnés par un grand nombre de leurs élus, dont ils constatent avec tristesse le silence assourdissant qui est le leur aujourd’hui alors que hier encore certains y étaient farouchement opposés. Ils sont près de 3000 à ce jour, à être signataires d’une pétition réclamant l’organisation d’un référendum. Tristesse qui va parfois jusqu’à un sentiment de trahison parce qu’ils savent bien au fond d’eux-mêmes, que c’est de l’avenir même de Dunkerque et de son littoral dont il est question aujourd’hui.
Il y a six ans, pour quelques centaines de mètres carrés, une "votation" a été organisée afin de savoir si nous souhaitions piétioniser la place Jean Bart. Aujourd'hui, ceux qui se faisaint hier les chantres de la démocratie participative n'entendent plus, n'écoutent plus. ne voient plus. Terrible constat mais hélas tellement prévisible.
Claude NICOLET
Conseiller municipal de Dunkerque
Conseiller communautaire, Communauté urbaine de Dunkerque
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Ma tribune publiée dans Marianne le 1er décembre 2020
Trente-sept ans après 1983, trente ans après Maastricht, quinze après le TCE, dix-huit après le 21 avril 2002, il convient de recoudre la Nation, la République et la France avant 2022. Notre fil pour cicatriser ne peut être que la citoyenneté.
Dans à peine 18 mois, il y aura vingt ans déjà que Jean-Marie le Pen accédait au second tour de l’élection présidentielle. La crise profonde de la vie politique française éclatait au grand jour et ne cesserait depuis, d’illustrer chaque jour davantage « le malheur français » pour reprendre l’expression de Marcel Gauchet.
Le 21 avril 2002 ne doit rien au hasard et les tentatives d’en faire porter la responsabilité à Jean-Pierre Chevènement ne furent que de misérables échappatoires visant à établir la réalité des responsabilités qui avaient permis cet effondrement. Jacques Chirac n’a pas voulu ou n’a pas pu à l’époque constituer un gouvernement de Salut public qui, prenant la mesure de la crise politique, morale et culturelle dans laquelle nous étions, aurait peut-être été en mesure de tracer une perspective pour notre pays. C’était probablement remettre en cause beaucoup trop d’intérêts coalisés qui n’étaient certainement pas prêt à faire le sacrifice de leurs rentes diverses et variées sur l’autel de l’intérêt supérieur de la Nation. La stupeur, voire même la peur face à l’inattendu et à ce qui paraissait inconcevable, à savoir le Pen président, eut pour effet de tétaniser l’électorat face à ce qui pouvait apparaître, de façon bien commode, comme un « accident ». Mais ce n’en était pas un.
"Le réel c'est quand on se cogne"
Le 29 mai 2005, les Français disaient NON à 55% contre le Traité de constitution européenne (TCE), plongeant à nouveau les mêmes qu’en 2002 dans l’effarement et la colère contre un peuple qui décidemment refusait de rendre les armes et entendait bien se servir (encore) de son bulletin de vote pour tenter de changer le cours des choses. Qu’à cela ne tienne, l’UMP et le PS feraient cause commune pour défaire ce que le peuple avait fait en faisant voter par le Parlement le traité de Lisbonne en 2008, copie conforme du TCE.
Nicolas Sarkozy succède à Jacques Chirac, puis c’est le tour de François Hollande (2012), tous deux promettant de « renégocier les traités européens » qu’ils venaient d’imposer aux Français. Règle d’or, TSCG, réforme du code du travail, des retraites…tout cela à la demande de Bruxelles qui impose sa loi d’airain. Emmanuel Macron surgit, incarnant la coalition du bloc élitaire parfaitement décrit par Jérôme Sainte-Marie, mais en dénonçant le « système politique de l’ancien monde » qui selon lui entrave la France depuis trop longtemps. Il était « et de droite et de gauche » quand en 2002 Chevènement disait « qu’au-dessus de la droite et au-dessus de la gauche, il y a la République ». La violence de la réalité à laquelle nous sommes aujourd’hui confrontés nous rappelle que l’histoire est tragique. Jacques Lacan nous avait enseigné que « le réel c’est quand on se cogne ». Force est de constater que le retour du réel se fait brutalement et qu’il nous saute à la figure en permanence. Il invalide la formule macronienne de 2017 pour valider celle de Chevènement de 2002. La ligne de partage c'est désormais l'idée même de la République ainsi que la question nationale; donc de l'excercice de la souveraineté qui est désormais au coeur du débat. Elle entraîne mécaniquement avec elle, celle de la question sociale. Les gilets jaunes continuent de nous interroger.
Trente ans de dégâts
Comment comprendre autrement à ce qui ressemble à un début d’auto-critique lorsqu’on lit sous la plume de Cambadélis que la gauche en est là où elle en est parce que « depuis trente ans elle a abandonné les valeurs de la République » ? Ou encore entendre Anne Hidalgo s’interroger -à juste titre- sur « la nature de la relation d’EELV avec la République » ? Ou d’Olivier Faure nous affirmer que « la laïcité fait partie de l’ADN de la gauche »... Tous trois ont raison et ces mots sont salutaires, il faut encourager à cette prise de conscience.
Mais en trente ans que de dégâts qui ne se répareront pas comme ça. Les électeurs sont partis voir ailleurs. Notre industrie se meurt, les enseignants n’en peuvent plus, les services publics sont vendus à la découpe et livrés à la concurrence libre et non faussée voulue par l’Union européenne que beaucoup, qui en constatent les dégâts, ont bien souvent contribués à mettre en place.
Quant à la droite le constat est lui aussi difficile, s’éloignant de la nation, refusant la vision prophétique de Philippe Séguin, tournant le dos à l’héritage du général de Gaulle et de sa conscience aiguë de la question sociale, elle s’est enfermée dans des postures morales et conservatrices, également prise au piège de ses choix européens, néolibéraux et parfois même néoconservateurs, ce que Jacques Chirac avait su en partie éviter.
Crise économique et sanitaire mais aussi culturelle, identitaire, existentielle
Mais si la droite et la gauche existent encore, sont-elles désormais suffisantes, dans l’état où elles en sont réduites pour expliquer le monde, offrir une grille de lecture et une perspective politique ? Et surtout pour recoudre la tunique qui devrait être sans couture de la Nation, mais qui est aujourd’hui profondément déchirée ?
Le pays, gouverné par des normes imposées de l’extérieur se défait. Cette crise est aujourd’hui majeure, elle fractionne son imaginaire pour reprendre la formule de Stéphane Rozès. Elle n’est pas seulement économique, sociale et sanitaire, elle est aujourd’hui culturelle, identitaire, existentielle.
Si la question européenne traverse dès son origine la droite et la gauche, il est incontestable que la campagne de Maastricht en a marqué une nouvelle étape et il faut aujourd’hui tenter d’en mesure les conséquences.
Crise de la transmission
Trente ans après le référendum de Maastricht, le pays se disloque sous nos yeux. L’emprise néolibérale et techno-administrative sur le destin des Français a produit des ravages obligeant le pouvoir à un contrôle social de plus en plus prégnant sur l’ensemble de la population, au fur et à mesure que se défont les solidarités consubstantielles à l’intérêt général et aux biens communs.
Sur cet affaiblissement de la Nation et de son corpus républicain, se sont engouffrés tous les entrepreneurs identitaires et ethno religieux qui voient dans la République, également un ennemi à abattre. Ils veulent faire disparaître le Citoyen soit pour le transformer en consommateur, soit pour qu’il ne soit plus qu’un croyant. Dans les deux cas il faut que disparaissent le citoyen éclairé. Il faut l’abattre.
Cette crise est donc aussi celle de la transmission. Le citoyen est d’abord l’expression d’une volonté politique et philosophique. Mais il est aussi le fruit d'un héritage. Ce qui se joue désormais c’est aussi cela. C'est-à-dire l’idée même de République, l’idée même de démocratie, l’idée même de liberté. Ce nouveau clivage, traverse-lui aussi toute la société, toutes les sensibilités, tous les organisations politiques.
Sensation de mépris et d'arrogance
Toutes les études, toutes les enquêtes d’opinion, tous les sondages montrent jour après jour à quel point notre société est fragile, combien les Français depuis maintenant plus de deux ans à 65% ne se sentent plus tout à fait chez eux en France, à quel point ils ont le sentiment que leur destin leur échappent, à quel point ils souhaitent remettre « le » politique au poste de commande, à quel point ils ne supportent plus « la bien-pensance » et cette sensation de mépris, voire d’arrogance que toute une partie des « élites » censées être à leur service, n’est là que pour son propre intérêt.
Trente ans, voire quarante ans de remise en cause de ce que nous sommes fondamentalement ne peuvent rester sans conséquences. Abandonner la République à laisser prospérer ses pires ennemis. Ceux qui tiraient la sonnette d’alarme, notamment dans l’Education nationale n’étaient que d’affreux racistes, refusant le droit à la différence, misérable prétexte pour mieux cacher le renoncement à l’exigence républicaine et se soumettre aux nouvelles injonctions de la pensée dominante.
Recoudre la nation
Trente ou quarante ans plus tard, les formations politiques qui furent les véhicules de ces idées, survivent et semblent s’éteindre, s’éloignant inexorablement de leurs gloires et de leurs lumières passées. Qui pense encore au grand Jaurès quand on évoque le PS aujourd’hui ? Qui pense encore à de Gaulle quand on évoque les Républicains ? Et pourtant, les Français eux, s’en souviennent. Ils n’oublient probablement pas qu’ils appartiennent à ce qu’on appelait la Grande nation et qu’ils eurent à leur tête, parfois des géants. Ils veulent s’en souvenir et “qu’ici on s’honore du titre de citoyen” devenu souverain contre tous les ci-devant.
Les peuples n’ont pas la mémoire courte et ils veulent des dirigeants qui s’en souviennent et qui incarnent cette volonté d’être au monde. Napoléon l’avait parfaitement compris : « Je ne tiens pas la couronne de mes pères mais de la volonté de la nation qui me l’a donnée. »
Trente-sept ans après 1983, trente ans après Maastricht, quinze après le TCE, dix-huit après le 21 avril 2002, il convient de recoudre la Nation, la République et la France. Notre fil pour cicatriser ne peut être que la citoyenneté s’appuyant sur la souveraineté afin de reprendre la main sur le cours de notre destin. Ces idées sont largement dominantes dans l’opinion publique. Si je suis de ceux qui pensent qu’en 2002 nous avions le programme et l’homme, nous n’étions pas hégémoniques culturellement et la bataille des idées n’était pas gagnée. Vingt ans plus tard c’est l’inverse. Nous sommes majoritaires dans l’opinion mais il nous faut tracer la perspective et construire l’offre politique avec celui ou celle qui sera en capacité de l’incarner. Aujourd’hui tout est là, tout dépend de cela. C’est ce à quoi il faut s’employer afin de faire œuvre utile pour notre pays.
Claude NICOLET
Président de la Nation citoyenne
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La contestation monte sur le littoral dunkerquois. Lentement mais sûrement. Un collectif de citoyens s'est organisé, a lancé une pétition pour réclamer l'organisation d'un référendum quant à l'implantation de ce gigantesque parc éolien à dix kilomètres au large de Dunkerque.
C'est vrai que les dimensions ont de quoi faire réfléchir jusqu'aux plus fervents défenseurs de l'énergie "verte". Il faut dire également que la pression est forte, même écrasante, "un impératif pour la planète, une opportunité pour notre avenir économique" martèle la communauté urbaine de Dunkerque.
Même celles et ceux qui s'y opposaient ou se posaient des questions il y a encore un peu moins d'un an, durent ravaler leurs oppositions et se rallier au projet comme ils se rallièrent à la nouvelle majorité. Le silence règne à défaut d'approbation. Bien des citoyens ont compris qu'il ne fallait pas compter sur l'immense majorité de leurs élus pour les défendre et porter leurs préoccupations. Ce décalage, il y a fort à parier qu'il ne devienne rapidement une fracture.
Il ne fait désormais plus très bon de se heurter au politiquement et à l'écologiquement correct à Dunkerque. Les ateliers divers, les fabriques d'initiatives locales, la concertation avec les citoyens, la prise en compte de leurs avis, la démocratie participative et directe...se sont soudainement évaporés comme neige au soleil. La démocratie a ses limites. Beaucoup le découvrent également.
Pourtant, quarante-six éoliennes de 300 mètres de haut pour une puissance installée annoncée de 600 Mg watt peut faire réfléchir. Imaginez, 46 tours Eiffel sur votre horizon...ça laisse songeur.
En quelques semaines, ils sont maintenant plus de 2200 à être signataires d'une pétition réclamant légitimement un référendum (Vent Debout 59 (google.com). Et plus ça va, plus les citoyens se renseignent, s'interrogent, se documentent...une véritable démarche d'apprentissage et de pédagogie. Une véritable démarche "politique" au sens où ils prennent en main ce qui leur semblent être à juste titre leur destin et l'avenir de ce territoire.
Et que découvre t-on ?
Que l'éolien n'est pas nécessairement la merveille annoncée qui produit « vert » et qui préserve l'environnement. Que le modèle politique qui le sous-tend se fait en grande partie sur la destruction du service public de l'énergie et le démantèlement d'EDF, que la commission européenne exige la fin du monopole de notre fournisseur historique pour que les entreprises privées et les investisseurs et autres fonds de pensions puissent enfin se tailler la part du lion sur le marché français considéré jusqu'à présent comme l'un des plus attractif et performant du monde. Que le coût de l'électricité produite par les renouvelables (surtout l'éolien et le solaire) n'est pas le meilleur marché, que sa production est intermittente et qu'elle doit être combinée au gaz ou au charbon (ce qui n'est pas bon du tout pour la planète soit dit en passant), que les questions de recyclages des matériaux n'est pas ce qu'il y a de mieux...
EDF et la volonté politique de l'État depuis la fin de la seconde guerre mondiale étaient parvenues à faire de la France l'une des grandes puissances énergétiques du monde. L'excellence de notre industrie pétrolière et gazière mais également nucléaire nous a assuré une place incomparable dans le concert des nations en nous appuyant sur des groupes mondiaux, Total, GDF, EDF, Alstom...
Notre indépendance énergétique était assurée. Source de souveraineté et de capacité à parler d'égal à égal et de peser de tout notre poids dans l'équilibre du monde.
Mais cet équilibre est rompu. Bruxelles ne veut plus en entendre parler et les puissances étrangères (en particulier les États-Unis d'Amérique et l'Allemagne) lorgnent sur nos champions où ce qu'il en reste pour mieux les dépecer afin de les faire disparaître à leur profit et à ceux de leurs propres intérêts industriels, économiques et financiers.
Le projet HERCULE va fractionner EDF en deux ou trois entités différentes, quant à Alstom on sait ce qu'il en est advenu. La mission d'EDF ne sera plus d'être au service de la nation mais de satisfaire le taux de rentabilité du capital et de renchérir la valeur de l'action.
Si on s'attarde maintenant sur les éoliennes, ces magnifiques et gigantesques machines nous rendrons t-elles les services qu'on nous annonce à grands renforts de propagande ?
Remplies de métaux rares que nous ne produisons pas, nous serons contraints de dépendre de puissances étrangères en termes de matières premières et de technologies. Alors que justement le programme nucléaire de la France avait pour but de nous affranchir de cette dépendance tout en offrant une électricité sûre et bon marché aux Français, voilà que c'est exactement l'inverse qu'on nous propose comme modèle. Au nom de la planète voilà qu'on se met dans les mains de puissances extérieures et du marché. D'autant plus rageant que le contribuable sera dans l'obligation de payer avec ses impôts une partie de cette escroquerie. On marche sur la tête ! On découvre également qu'en termes de matériaux, le nucléaire nécessite, selon ce que l'on considère (ciment, cuivre, acier, etc), jusqu'à une centaine de fois moins de quantités par kWh produit que le solaire et l'éolien.
Par ailleurs et si l'on en croit Guillaume Pitron (La guerre des métaux rares : la face cachée de la transition énergétique et numérique) "la question de la souveraineté de nos approvisionnements, de notre indépendance minérale, du transfert de pollution vers des pays comme la Chine, qui extraient et raffinent les métaux selon des règles environnementales et sociales moins exigeantes qu’en Occident, n’ont pas été posées. Cette vision court-termiste s’oppose à la gestion de long terme de la Chine. La Chine va continuer à produire ces métaux rares pour elle-même, mais va également vendre une partie de ces technologies finies ; elle ne vend plus seulement le métal, elle vend également la technologie qui est conçue avec ce métal. Elle se voit en grande exploratrice non plus de métaux rares, mais de technologies vertes. Elle va nourrir de ce fait une grande industrie exportatrice de technologies vertes, ce qui va augmenter la puissance de son commerce international et aggraver le déséquilibre de la balance commerciale avec d’autres pays. L’hégémonie chinoise en matière de métaux rares, plutôt que de vaciller, risque donc de se doubler d’une nouvelle hégémonie fondée sur l’exportation de technologies."
A t-on déjà oublié à Dunkerque que juste à côté de nous Zeebrugge est désormais une étape incontournable des nouvelles "routes de la soie" ?
A t-on oublié la création d'HAROPA par la fusion des trois ports du Havre, de Rouen et de Paris qui vient de voir arriver à sa tête le directeur du Grand port maritime de Dunkerque? La création de ce gigantesque parc éolien au large risque de nous pénaliser plus que d'être un outil de développement.
Le tourisme dont on fait tant de cas depuis quelques années au nom de la transformation de notre image y trouvera t-il son compte? L'environnement certainement pas, toutes les études le démontrent. L'intérêt national en sera t-il renforcé? C'est tout le contraire. Quant au cadre de vie des citoyens, il n'est pas nécessaire d'en dire beaucoup plus.
Ce que je crains, c'est qu'une vision étriquée nous amène à sacrifier, essentiellement pour des raisons financières (les rentrées fiscales) l'avenir de notre littoral et de notre territoire. Confondre tactique et stratégie est une grave erreur et de tels enjeux, économiques, culturelles, sociaux, énergétiques, de souveraineté et d'intérêts nationaux, valent bien un débat et un référendum.
Claude NICOLET
Conseiller municipal de Dunkerque
Conseiller communauté urbaine de Dunkerque
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Association de 1901, la Nation citoyenne se fixe comme objectif d’explorer et de favoriser le dialogue, l’échange, le rassemblement des citoyennes et des citoyens, d’intellectuels, des organisations politiques, des clubs de réflexion et de pensées pour lesquels la question républicaine est désormais centrale.
Quelles perspectives pour notre pays ? Comment participer à la construction d’une alternative politique qui puisse répondre aux défis auxquels le pays est confronté et faire en sorte que la France ne sorte pas de l’histoire ?
Pour replacer au cœur de notre action pour faire vivre la République, il faut remettre l’Etat au service de la nation et restaurer la souveraineté populaire. L’attente est grande est nous faisons l’analyse que les idées que nous développons sont désormais majoritaire dans le pays. Il faut offrir un débouché politique à cette majorité d’idées qui soit conforme à notre idéal républicain.
Le défi est certes immense mais nous considérons que nous entrons dans une nouvelle période historique. Que ce soit l’ampleur de la crise sanitaire, économique et sociale, les attaques terroristes - provenant d’une idéologie mortifère dont l’objectif est de nous abattre et de renverser l’ordre des choses, le désenchantement de la construction européenne, le dégagisme politique - illustrant la perte de sens et de repère, le besoin de sécurité qu’expriment nos concitoyens ou leur désir de reprendre en main notre destin commun… Tout cela nous indique clairement l’ampleur des bouleversements qui sont en cours.
Trop longtemps, sous couvert de progrès et au nom de la « tolérance et du vivre ensemble » - qui n’étaient en fait que des renoncements à l’universalisme républicain, fût promu le « droit à la différence » qui n’a abouti qu’au désir exacerbé d’organiser notre société selon la différence des droits, parfaitement compatible avec la société néolibérale.
Il y a peu de temps encore, la Nation, la souveraineté, l’indépendance, les frontières étaient considérées comme autant de vieilleries à mettre au musée. Ce n’est plus le cas. Ce n’est pas tant du « retour du refoulé » dont il est question que de la vérification « qu’on ne fait de politique qu’à partir des réalités ». La question nationale est actuellement au cœur des préoccupations de nos concitoyens. Nous ne pouvons la séparer de celle de la citoyenneté puisque nous sommes des républicains dont l’héritage politique et philosophique vient du siècle des Lumières.
Avec quelques amis, nous prenons la responsabilité d'intervenir et de participer au débat qui s'ouvre pour l'élection présidentielle. Nous voulons faire entendre la voix des républicains. Nous considérons en effet que ces questions sont déterminantes et qu’elles doivent maintenant peser de tout leur poids dans ce débat qui va conditionner notre avenir à la fois en tant que nation et comme citoyens de ce pays.
Certains d'entre-nous sont issus parfois d'un long compagnonnage avec Jean-Pierre Chevènement. Cette parole, cette histoire, cet héritage sont, selon nous, indispensables pour comprendre la période et participer à l'élaboration d'une nouvelle offre politique. Nous ne prétendons être, ni les détenteurs, ni les gardiens de sa parole. Cependant, nous constatons que nombreux sont aujourd’hui celles et ceux qui considèrent son apport à la vie politique française comme considérable et ses analyses d’une véritable modernité. La République reste une exigence.
De ce fait, nous nous adressons à toutes celles et ceux, républicains sincères qui souhaitent, au-delà de clivages souvent dépassés, discuter, débattre, proposer, construire un avenir pour le pays.
Comment, dans ces conditions, ne pas nous tourner vers les héritiers sincères du gaullisme dont l’héritage continue de fructifier bien au-delà d’appareils politiques qui s’en réclament ? Comment ne pas accepter que lorsque l’essentiel est en jeu, beaucoup nous rassemble plus qu’il ne nous sépare ? La question nationale, celle de l’indépendance de la France, de notre souveraineté… Comment envisager une société de progrès social sans, dans le même temps, s’appuyer sur une base industrielle puissante capable de nous projeter dans l’avenir et de peser dans le concert des nations ?
Comment également ne pas nous abreuver et nourrir notre pensée à la source féconde et puissante de Jean Jaurès ? Lui qui a articulé la question sociale avec la question nationale. Lui pour qui la liberté et la souveraineté étaient inséparables. Lui pour qui la fraternité était la lumière qui devait éclairer le chemin de la condition humaine. Lui pour qui la République devait permettre l’émancipation de l’Homme, par la démocratie qu’il ne séparait pas du socialisme. Lui pour qui la patrie était le plus court chemin vers l’internationalisme et la fraternité entre les peuples.
Nous ne sommes pas un parti politique mais une association. Nous souhaitons ainsi rassembler largement parce que nous voulons que se rencontrent et débattent, « les républicains des deux rives », de Jaurès à de Gaulle, qui ont eu à cœur de faire le lien entre la question sociale et la question nationale, le lien entre la souveraineté nationale et la citoyenneté ou le lien entre la liberté et la laïcité.
La misère explose dans notre pays, 300 000 SDF ne connaissent que la rue, 5,8 millions de nos concitoyens sont au chômage, 10 millions de Français sont considérés comme pauvres, voilà des chiffres (fondation abbé Pierre) qui n’ont jamais été atteints en France. Dans le même temps, la richesse ne cesse de se concentrer entre les mains de quelques-uns et la France a été le deuxième pays au monde où la fortune des milliardaires a le plus progressé en un an.
La tâche est importante. Nous considérons qu’il est de notre responsabilité historique de tout mettre en œuvre afin de travailler à l'élaboration d'une perspective politique au pays qui traverse une crise politique, économique, sociale, culturelle et identitaire majeure, dont les causes sont anciennes et fracturent notre imaginaire. Pour utiliser une image et au risque de prendre un raccourci audacieux, il nous faut participer, avec d’autres, à la création d’un espace de réflexion politique qui sera aux républicains d’aujourd’hui et de demain, ce que fût le CERES pour la gauche il y a cinquante ans. C’est-à-dire le lieu d’élaboration d’une offre politique républicaine s’affranchissant des dogmes qui enferment notre pays dans l’impuissance et participent du « malheur français », ou de la mise à l’écart de notre histoire et de notre destin.
Nous allons au-delà du clivage gauche/droite (qui existe encore bien évidemment), mais qui, à lui seul, ne permet plus de comprendre le monde et les phénomènes qui sont à l’œuvre. Quarante ans de globalisation financière, de numérisation de l'économie et des rapports sociaux, de construction européenne néolibérale - tout cela traversé par la fin de la guerre froide et la disparition de l'URSS - ont bouleversé la donne.
Désormais, l’idée même de République devient une ligne de partage, mettant en cause l’essentiel.
L’électorat populaire a très majoritairement abandonné les formations censées le représenter. Il s’est tourné depuis bien longtemps soit vers l’abstention, soit vers ce que d’aucuns nomment les « populistes ». Nous pouvons avoir légitimement présent à l’esprit l’idée que nous sommes à « front renversé ». Ce sont Donald Trump et Marine le Pen qui remettent en cause le libre-échange, c’est Boris Johnson qui fait le Brexit et prend médiatiquement la défense de l’ouvrier britannique. Les formations « progressistes » surnagent comme elles peuvent dans des sociétés fracturées, où les crises culturelles et identitaires sur fond de conflit ethnoreligieux s’exacerbent.
Les replis identitaires sur une multitude de « communautés », l'importation à grande échelle des névroses états-uniennes, la poigne de fer de l'économie de la finance, exigent que nous pensions un nouveau modèle et que nous refusions les termes que veulent notamment nous imposer les « entrepreneurs identitaires » selon le concept de Laurent Bouvet. C’est la nature même de notre parcours dans l’histoire des Hommes et des nations qui est en jeu. Une certaine idée de notre pays, voire de notre civilisation, à moins d’accepter définitivement « d’être devenus américains. »
Le bout de ce chemin pour notre pays n’est rien d’autre que l’effacement.
La Nation citoyenne souhaite donc faire œuvre utile en voulant participer de ce grand débat qui s’ouvre. En faisant se parler celles et ceux qui, en réalité, dessinent par leurs parcours un nouveau chemin depuis plus de trente ans.
Des combats de Maastricht jusqu’au référendum du 29 mai 2005 en passant par la présidentielle de 2002 jusqu’à celle de 2017 - qui ont dissipé l’écran de fumée entretenu par des formations politiques engluées dans leurs choix européens, il nous faut désormais travailler à l’élaboration d’un « changement de paradigme » pour reprendre l’expression d’Hubert Védrine.
En conséquence, nous estimons que si « la bataille culturelle » peut sembler gagnée, elle ne l’est pas en termes de projets, de perspectives d’avenir et d’offre politique. Il nous revient donc, d’y travailler si nous pensons que cette analyse est juste.
C’est l’objectif de cette association.
Claude NICOLET
Président de la Nation Citoyenne
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« Les peuples ne passent pas... » - Charles de Gaulle le 26 septembre 1959
Notre pays, la France et avec elle la République, auraient-elles à nouveau rendez-vous avec leur destin et peut-être avec celui du monde ?
Faut-il ici reprendre la formule du général de Gaulle lors de son discours prononcé à Dunkerque le 26 septembre 1959 : “Ce qu’il faut surtout pour la paix, c’est la compréhension des peuples. Les régimes, nous savons ce que c’est : des choses qui passent. Mais les peuples ne passent pas.”
Le peuple Français aurait-il à nouveau rendez-vous avec lui-même ?
Le martyr de monsieur Samuel Paty, professeur d’histoire géographie, humble fonctionnaire de la République, de ces hussards noirs n’ayant plus guère de monture, au sabre émoussé et n’ayant plus que ses convictions et sa conscience professionnelle à offrir en sacrifice.
Mais également le martyr des victimes de Nice, massacrées parce que Chrétiennes au cœur d’une basilique. Lieu sacré par définition. Oui tous les quatre des martyrs, de la République de leur foi chrétienne. Ils symbolisent l’histoire de France, ils symbolisent la France et sa civilisation. Ils sont désormais 270 massacrés pour ce qu’ils étaient. Des hommes, des femmes, des enfants.
Leur mort sera-t-elle une mort de plus ou servira t-elle de révélateur ? Une conclusion et un départ tout à la fois. Terrible conclusion de décennies d’abandon, de reculades, de renoncement dont il faut bien analyser les causes. Parce qu’en réalité, si l’abandon de la question sociale fut également un abandon de la question nationale, Il est impossible de se satisfaire de cette simple grille d’analyse. Certes deux phénomènes furent concomitants et pour tout dire consubstantiels l’un à l’autre, mais résumer ces tragédies uniquement à une lecture « sociale » est une erreur funeste.
Les derniers assassins, sont tous de jeunes gens de 18 à 25 ans, venant du Pakistan, de Tchétchénie, de Tunisie. Ils ne viennent pas des quartiers abandonnés par la puissance publique. Ils viennent d’ailleurs et ne sont en rien victimes du « racisme d’État », des « discriminations systémiques », ou de la « haine anti-musulmane » si chère à toute une partie de "l'intelligentsia" française.
C’est donc bien à la France en tant que telle qu’ils s’attaquent, indépendamment de toutes questions sociales. Ce qui n’interdit pas que des relais désormais existent au sein de notre propre société. L’une des questions que nous devons à leurs mémoires est celle-là : Ne devons-nous pas renouer d’urgence avec la France, la République, alors que depuis près de 40 ans nous en avions pris congés, décidant que désormais l’avenir était dans la mondialisation et son relais local l’Union européenne ?
Mais « les peuples ne passent pas » et finalement le peuple français refuse de passer. En 2011, dans un ouvrage ayant fait beaucoup de bruit il y a quelques temps, Jean-Pierre Chevènement posait la question tout de go « la France est-elle finie ? » et de conclure par la négative tout en mesurant l’ampleur de la tâche à accomplir. Question brutale mais pour celles et ceux qui s’intéressent à la vie des Français, il suffit de les écouter pour mesurer l’ampleur de leur désarroi, le sentiment d’abandon, l’impression terrible que leur pays leur échappe, qu’il leur file entre les doigts. Qu’eux, les citoyens de la Grande nation n’ont plus prise sur rien, que tout se joue ailleurs alors qu’ils furent de ceux qui, dans l’histoire, firent basculer le sort du monde. Parce que les Français ont dans leurs bagages, portés en bandoulière, le rêve fou de n’être Français qu’à la condition de parler au monde entier.
Pari d’une audace folle que tout condamnait. Là est à mes yeux le génie de la France. Réussir à faire de ce bric-à-brac de populations venant du Nord et du Sud, de l’Est et de l’Ouest, de ce mélange incroyable d'hommes et de femmes venant de partout et de nulle part, réussir à en faire un peuple! Pour y parvenir il a fallu des siècles d'intelligence, de subtilité, de sacrifice, de massacres, de cruauté, de guerre civile, de légèreté, de sensibilité pour parvenir à polir cette pierre pleine d’aspérité, d’angles et de tranchants...Accorder à chacun le droit de se moquer de l'autre en inventant cette forme si particulière d'humour: la caricature fut l’un des moyens de nous supporter, de nous accepter et de faire nation.
Il faut comprend que c'est indispensable à ce que nous sommes. Et que si les hommes d'ici bas ne peuvent se moquer des dieux de l'au-delà alors s'en est terminé de ce qui, en partie, nous relie ainsi que de cet imaginaire qui fait de nous un peuple politique. Seule la politique relie le peuple français dans ce qu’il est advenu. La Fête de la fédération est notre acte de naissance symbolique à la modernité. Réintroduire la religion dans cet ADN et nous voilà irrémédiablement condamner. Terrible régression « qui porte en elle la guerre comme la nuée porte l’orage » comme nous l’a appris le grand Jaurès qu’il est urgent de relire.
Pour y parvenir encore fallait-il extraire le politique du religieux, nous l'avons fait! La contrepartie c'est la liberté totale de culte et le respect des croyances de chacun dans le fond de son cœur et de sa conscience et d’admettre que l’espace public n’appartient qu’à César.
Long processus que l’invention de la laïcité sur lequel nous ne devons cesser de nous étonner, plein d’admiration. Imaginer, un seul instant toucher à ce merveilleux édifice, fruit de tant d’intelligence collective, de tant de sacrifice serait non, seulement un crime contre l’esprit mais également contre la République elle-même. Et bien des musulmans qui sont ici dans leur pays savent à quel pont cet acquis est précieux.
Magnifique pays que la France qui permet cela et d'avoir trouvé le chemin pour sortir de la barbarie afin de conquérir la liberté des individus. Voilà la France qu'aiment les citoyens français et qui restent, pour bien des peuples une source d'espérance. Voilà aussi ce que veulent abattre les fascistes islamistes. C'est cette conception de l'Humanité. C'est notre héritage, c'est également notre avenir. La France ne peut-être la France sans la grandeur disait le gébéral de Gaulle, elle ne peut l'être sans l'Humanité toute entière.
Celles et ceux qui imaginent un seul instant, qu’accepter des « accommodements raisonnables » serait rendre service à nos concitoyens de confession ou de culture musulmane, ne sont pas uniquement des apprentis sorciers se sont les soutiers de l’enfer dont les portes ne manqueront pas de s’ouvrir en plongeant les Français dans des abîmes de souffrance. Réinjecter la Religion dans le pacte commun aboutira immanquablement à la fin de la nation, voilà également un autre but de guerre de nos ennemis, transformer la nature même de ce que nous sommes.
Comprendre la France afin de continuer à la faire est aujourd’hui l’impérieuse nécessité de tous les Républicains sincères. Car c’est de cela dont il s’agit, de l’avenir de la République qui est la forme moderne de la France. Car on le voit bien, la ligne de fracture c’est aujourd’hui l’idée même qu’on se fait de la République et de la Nation.
Car la République est une exigence, y compris un principe spirituel qui ne peut se vivre et s’accomplir sans une forme de croyance et d’espérance dans le génie humain. Alors oui, pour que vive la France il faut des républicains et il faut transmettre cet amour du pays, de la patrie des hommes, afin qu’ils partagent ce sentiment d’appartenance sans lequel rien n’existe et rien n’est possible.
D’immenses questions politiques se posent à nouveau. Celles de la Nation, de la souveraineté, de la laïcité, celle des frontières, celle de l’immigration, celle du progrès sociales, celle des inégalités qui se creusent à la vitesse de l’éclair…autant de questions que beaucoup pensaient enterrées comme autant de vieux et mauvais souvenirs du XIXème et du XXème siècle, mais qui reviennent à la surface d’autant plus violemment que la mondialisation heureuse n’est pas au rendez-vous pour une immense partie de la population tandis que celles et ceux qui en profitent quittent l’esprit national voguant vers d’autres cieux. La France périphérique n’a plus aucun attrait depuis Bruxelles, Berlin, Francfort ou Washington… « Mais les peuples restent… »
Nous vivons ces jours-ci l’une de ces périodes et il convient à notre génération d’être à la hauteur de cette tâche historique qui consiste à reprendre en main notre destin et de renouer avec le cours de notre histoire et la Nation citoyenne quand d’autres veulent en faire un congloméra éthnico-religieux. Le bout de ce chemin c’est la guerre identitaire, les républicains ne peuvent et ne doivent s’y résoudre. Là est aujourd’hui notre devoir.
Claude NICOLET
Président de « La Nation citoyenne »
Secrétaire général adjoint de « République moderne »
Conseiller municipal de Dunkerque
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Ma tribune parue le 11 juin 2020 sur le site RT France.
Voilà des jours, des semaines et peut-être même des mois, qu'au fur et à mesure que l'initiative de Michel Onfray et de Stéphane Simon prend de l'ampleur, que l'opprobre s'abat sur ce projet de Front populaire.
Rarement une revue, avant même sa publication, avant même d'en découvrir le contenu, n'aura soulevé une telle vague d'indignation et de protestations scandalisées. Voilà qui est curieux de la part notamment d'esprits qui se disent guidés par la raison, élevés par l'amour des Lumières et de la rationalité. Il ne s'agit que d'une revue, dans laquelle se succéderont j'imagine des articles, des tribunes, des prises de positions... finalement un grand classique et on pourrait même dire qu'il n'y aura rien de bien neuf sous le soleil.
Au contraire, cette naissance devrait être saluée, notamment au regard de la situation particulièrement morose, voire critique, de tout une partie de la presse. Je ne peux imaginer que l'une des motivations de cette offensive contre un futur confrère soit la jalousie...il faut dire qu'en ayant déjà 25 000 souscripteurs à son actif, «Front populaire» peut légitimement faire des envieux. Mais à ce moment là, il faut se poser – me semble t-il – une autre question: pourquoi ces milliers de personnes ne se sont pas ruées sur ce qui existe déjà ?
J'écarte donc la jalousie et la colère, toujours mauvaises conseillères, qu'elles pourraient éventuellement susciter. Et si c'était plutôt une forme de peur? De crainte? De rage? Certes mais pour quelles raisons que diable? Peut-être pour une raison très simple, c'est que Michel Onfray et ses amis refusent de capituler. Mais il se peut qu'il ait également la volonté, voire l'outrecuidance de poursuivre le combat. Mais lequel voyons?! Celui qui a commencé en 1983 et qui a connu de nombreuses batailles. 1992 traité de Maastricht, 21 avril 2002 présidentielles, 29 mai 2005 Traité constitutionnel européen, février 2008 vote par le Congrès du Traité de Lisbonne, juin 2008 «il n'y a pas de peuple européen» tribunal constitutionnel de Karlsruhe, 5 juillet 2015 référendum en Grèce, 2 mars 2012 TSCG, mai 2020 ultimatum du tribunal constitutionnel à la BCE et à la CEJ... la liste est longue de cette guerre de 40 ans. Oui voilà qui fait peur. Car il semblerait, les esprits ayant évolués, que celles et ceux qui ont eu raison hier refusent toujours de considérer qu'ils ont tort aujourd'hui.
Bien des intérêts se sont coalisés afin de forger l'alliance nécessaire pour trahir le vote des Français du 29 mai 2005. Cette alliance est minoritaire dans le pays mais elle est redoutablement puissante et ne craint rien de plus que la fin de sa domination. La violence de l'attaque est proportionnelle à la peur, à l'arrogance et au mépris que suscite cette perspective. Car de quoi s'agit-il si ce n'est –d'après ce que j'en ai compris – de faire débattre des hommes et des femmes qui, venant d'horizons politiques différents ont un point commun: le néolibéralisme c'est peut-être pas si formidable que ça! Oui, ils viennent de la gauche. Oui, il viennent de la droite. Oui, ils viennent d'ailleurs. Mais ils réfléchissent et pensent à partir de leur histoire, de leurs combats et du temps passé et de la situation dans laquelle nous sommes. Il n'est finalement pas surprenant que les thuriféraires des choix d'hier, responsables en (grande) partie de la situation de crise dans laquelle nous sommes plongés, éructent, hurlent, s'indignent et s'érigent en défenseurs des libertés outragées, eux qui surent s'asseoir sur le suffrage universel.
Les liens du forfait sont puissants. Voilà le crime, la marque du diable! Alors tout le bréviaire y passe, populistes, racistes, antisémites, nationalistes, chemises brunes (oui je l'ai lu), fascistes, mais surtout, insulte suprême «souverainistes» ou républicains, qu'à l'instar de Jean-Pierre Chevènement je préfère... tout ça parce que Michel Onfray et Stéphane Simon veulent faire débattre... mais c'est l'essence même de la démocratie, de la République et dans une certaine mesure de l'identité même de la France. J'ai des désaccords avec Michel Onfray, et heureusement. Mais il a du courage et il propose. Il tente. Oui, de faire se parler et peut-être travailler ensemble les républicains des deux rives parce que l'essentiel est en jeu, peut-être aussi parce que les rives en questions ne sont plus celles que l'on croit. Parce que les ravages du néolibéralisme depuis 40 ans, passager clandestin de l'Union européenne, détruit nos sociétés et détruira l'Europe. Parce que certains de celles et ceux qui écriront pour cette revue le disent depuis des décennies et que l'histoire leur donne raison. Et ce n'est pas après avoir lancé un appel en ce sens, qu'il conviendrait de ce déjuger.
Alors on jette les bras au ciel! On s'exclame! On s'arrache les cheveux! On se griffe le visage! Quoi, Chevènement, de Villiers, Raoult, Devecchio, de Castelnau, Pina, Mouraud... je comprends la frayeur. Tout ce petit monde séparément ne pèse que ce qu'il pèse, mais si par un hasard incroyable et une farouche volonté après quatre décennies de maturation, de désenchantement, de déconstruction de la République, celles et ceux qui avaient dit, annoncé, décrit ce qui allait advenir se parlaient enfin... alors tout redevient possible.
Claude NICOLET
Président de "La Nation citoyenne"
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Ma tribune parue le 24 octobre 2020 sur le site RT France.
L'assassinat de Monsieur Paty sera-t-il celui de trop ? Ou ne sera-t-il qu'un nom de plus sur une liste certes trop longue, mais à laquelle vieux peuple fatigué nous nous résignons. N'est-ce pas comme une fatalité doublée d'une malédiction qu'il faut bien accepter puisque d'autres, les fascistes islamistes, beaucoup moins nombreux évidemment – mais beaucoup plus déterminés – veulent nous imposer leurs lois, leur vision du monde, leur imaginaire, leur volonté et leur «paradis terrestre» ?
Nous ne sommes pas simplement dans la revanche de la misère sur l'oppression. Nous ne sommes pas simplement dans le refus de la domination sociale d'une classe contre une autre. Nous ne sommes pas simplement dans le désir ardent de s'affranchir du regard condescendant de l'ancien colonisateur sur l'éternel dominé, l'éternel vaincu de l'histoire. Non, nous sommes dans un combat qui concerne l'idée même qu'on se fait de l'homme, de l'humanité, de sa place dans l'univers et de la fin des temps. C'est aussi l'une des raisons pour lesquelles ce combat mortel concerne également l'islam en tant que système cosmogonique, porteur d'une immense histoire et d'une grande civilisation. Ce combat est celui du sens du monde.
Il ne peut y avoir de choc plus violent pour la République, car le défi qui lui est lancé depuis plus de 30 ans concerne le sens même de son existence.
Depuis trop longtemps, nous ne vivions la République que comme une mécanique, plus ou moins bien huilée, avec ses rituels se vidant peu à peu de leurs sens, avec ses manifestations auxquelles plus personne n'assistait, avec ses «grands prêtres» déclamant un catéchisme auquel nous ne prêtions plus qu'une oreille distraite et avec un air ennuyé.
Mais ce vendredi 16 octobre 2020, un enseignant, Monsieur Samuel Paty, professeur d'histoire-géographie, a été décapité devant le collège où il enseignait. Ce qui devrait être le temple de la République est devenu le lieu de son martyr. Il est mort, seul, devant ses élèves. Il faut prendre la mesure de la puissance symbolique de cet acte et de sa signification. Il est l'exact opposé du renversement copernicien de transfert de souveraineté du Ciel vers la Terre, de Dieu vers les hommes, du roi vers le peuple. C'est également un acte de rupture ontologique. De l'idée même qu'on peut se faire de l'être et de nous-mêmes. C'est une remise en cause des fondements mêmes de ce qui nous constitue en tant que peuple et nation. Négliger cet aspect nous condamnera à la défaite.
Il ne faut pas se payer de mots, le combat est existentiel, ce qu'a souligné à juste titre le président de la République lors de l'hommage national rendu à Monsieur Paty.
Nous ne sommes plus dans un combat politique, mais dans une lutte où la métaphysique est désormais partie prenante. Ce combat éprouvera les corps et les esprits.
Cet assassinat affirme une volonté de changer l'ordre du monde et de mettre un terme à la course empruntée par l'humanité parcourant les chemins de la liberté et d'assumer son propre destin.
Nous ne pourrons triompher dans ce combat à mort sans mobiliser et faire appel à toutes les ressources de notre imaginaire national, car c'est bien la France en tant que nation que les islamistes veulent détruire. Leur haine est immense, elle est totale et totalitaire. Nous ne pourrons triompher dans ce combat qu'en redonnant de la fierté à l'ensemble des Français et de ce que nous sommes, à nos fonctionnaires qui meurent pour des salaires de misère alors qu'ils peuvent avoir le sentiment légitime que bien des élites abandonnent les postes de combat pour quelques prébendes. La contrepartie des privilèges de l'aristocratie était l'impôt du sang. Pourquoi mourir et pour qui mourir aujourd'hui quand vous êtes seul, si ce n'est pour le collègue d'à côté et qu'il «faut bien tenir» ?
Comment se résoudre à se battre quand l'indécence des richesses s'étale chaque jour davantage, que vos compatriotes (mais le sont-ils encore ?) milliardaires se sont enrichis de plus 429% en 10 ans alors que vous devez batailler pour avoir votre quota de photocopies pour faire votre cours…
Alors, le fascisme islamiste prospère, il croît et embellit parce que le combattre sous-entend a contrario de croire dans la France et dans la République auxquelles bien des élites ne croient plus trop.
Le temps du deuil est largement dépassé et il est insupportable que les massacreurs, ou ceux qui s'en font les habiles relais, se drapent dans la dignité outragée d'une liberté de conscience qui leur serait refusée et qui n'est nullement menacée. Ils veulent donc autre chose. Il suffit d'ouvrir les yeux et d'en admettre la réalité. Aucun culte n'est menacé dans notre pays, nul n'est inquiété pour ses convictions religieuses. Il est donc temps de remettre l'église au centre du village (si j'ose dire) et de rappeler chacun, même brutalement, à ses responsabilités.
Oui, la République doit reprendre le combat. Car la République est une exigence qui a une vision et une conception de l'homme et de l'humanité.
Oui, la République doit expulser sans faiblesse les étrangers qui la combattent et qui veulent l'abattre.
Oui, la République doit fermer les mosquées et les officines qui combattent la République.
Oui, la République doit revenir à l'assimilation des populations étrangères qui sont sur son sol et qu'elle accueille généreusement.
Oui, la République doit contrôler les flux migratoires sans faiblesse et en fonction des capacités d'accueil qui sont les siennes.
Oui, la République doit donner les moyens à ses fonctionnaires de faire leur travail dans de bonnes conditions.
Oui, la République doit retrouver le sens de la promesse républicaine, celle de l'émancipation et de l'égalité.
Oui, la République pour être forte doit être souveraine, car rien de tout cela n'est possible sans maîtriser son destin.
A nous aussi de faire notre «révolution culturelle», car la bataille est culturelle, et de réviser sans faiblesse le bilan de ces 40 dernières années.