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Alors Jo Biden marche dans les pas de F. Roosevelt et impose son gigantesque programme d’infrastructure qui va muscler le territoire américain. Alors que le Président Macron, part à la conquête de Marseille et y investit des sommes considérables. Le candidat Xavier Bertrand rappelle au bon souvenir des électeurs des Hauts de France que le canal Seine-Nord qui semblait paresser entre la Belgique et Paris deviendra une réalité. L’inauguration heureuse du nouveau et grand port de Calais symbolise cette évidence : sur notre littoral aussi la qualité des infrastructures demeure plus que jamais un élément décisif de la compétitivité, de l’attractivité de la réussite économique de notre région et de notre pays.
Il nous faut aujourd'hui prendre en compte la situation dans laquelle nous sommes ainsi que la mesure des enjeux auxquels nous sommes confrontés. Notre territoire est aujourd'hui, plus que jamais en première ligne des grandes crises mondiales et nous ne pouvons pas, nous ne devons pas l'ignorer.
-Crise migratoire tout d'abord, tragiquement d’actualité qui nous impose des charges, des obligations mais également des devoirs qui ne sont pas les nôtres et dont le règlement ne saurait être du ressort de nos collectivités locales. Mais devoir de fraternité auquel nos vieilles terres ouvrières et de travail répondent avec une patience et un esprit de solidarité depuis plus de vingt ans, qui force le respect. Les conséquences de crises mondiales qui de l'Afghanistan à la Syrie en passant par la corne de l'Afrique le Sahel et le Maghreb nous échappent se font ressentir chez-nous, dernière étape des routes de l'enfer avant le paradis britannique fantasmé pour des hommes, des femmes et des enfants impitoyablement broyés par l’histoire sur laquelle se greffe le crime organisé et son cortège de mafias.
-L’intuition de Pierre Mauroy était la bonne. Le tunnel sous la Manche façonnait en partie l’avenir du Nord-Pas-de-Calais, blessé cruellement par une interminable désindustrialisation. La jonction des tunneliers sous la mer coïncida avec la remontée de la dernière gaillette de charbon du bassin minier. Le prodigieux chantier (15 milliards d’euros), le formidable TGV (3 milliards d’euros), la rocade littorale nous permettaient de tutoyer définitivement l’une des autoroutes maritimes les plus fréquentées du monde. Et Jacques Attali de conclure dans son livre « une brève histoire d’avenir » que la seule chance d’établir un nouveau cœur de la mondialisation en Europe se trouvait le long de la ligne ferroviaire à grande vitesse Londres-Calais-Lille-Bruxelles-Paris.
Le temps s’est écoulé, la mondialisation s’est renforcée, implacable. L’Europe, première puissance commerciale de la planète, s’est largement ouverte, offerte, partiellement adaptée. La France, protégée et pénalisée à la fois par un euro fort, s’est massivement désindustrialisée, incapable sous la Vème République de définir une stratégie face à la mondialisation comme elle l’avait été sous la IVème, face à la décolonisation. Mais, miracle (?) Mario Draghi arrivé, renvoyait les monétaristes à leur rigueur en ré oxygénant nos vieilles nations.
-En première ligne également de la crise européenne avec le Brexit. La sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne est un changement politique majeur et même historique. En réalité, l'appartenance britannique à l'UE, au regard de l'histoire, n'aura été qu'une courte parenthèse dans la relation entre nos deux pays. C’est surtout c'est la réaffirmation de la vision séculaire que les Anglais ont de leur place vis à vis du continent européen. Les permanences historiques restent des réalités avec lesquelles il faut compter. En définissant lui-même le socle de la négociation qui doit encadrer « la mésentente cordiale » avec nos amis anglais. Le traité du Touquet qui accorde au Royaume Uni ce privilège exorbitant et unique d’avoir leur propre frontière sur le sol français (à Paris et à Calais) n’a plus aucun sens si les Anglais foulent au pied le traité du Brexit et les droits de nos pêcheurs. Pensons par ailleurs, un instant seulement à ce paradoxe déroutant qu’avec le traité du Touquet, nos forces de l’ordre sont sommées d’empêcher les migrants clandestins de quitter la France !
-La crise sanitaire ensuite. La pandémie a surgi et la France a repris, immédiatement le « quoi qu’il en coûte », évitant la crise économique et sociale. Le temps arrive peut-être où dans l’hexagone mal décentralisé les projets d’avenir, l’esquisse d’une planification, les investissements à long terme reprennent vie.
Privé, à tort, de leur dimension départementale, le littoral doit saisir la chance de parler fort, uni et de parler clair la langue du futur. Sur quelles bases ?
-En créant sous une forme ou sous une autre une collaboration réelle entre nos trois grands ports (Boulogne-sur-Mer capitale européenne du poisson, Calais port de transit de dimension mondiale, Dunkerque premier port industriel français). Ils sont complémentaires. Ensemble ils constituent le premier ensemble portuaire du pays. Si, par exemple, on assimile les camions à des containers, notre littoral joue dans la cour des grands (5 millions, deux fois Le Havre)
-En assurant le financement de nos ports. Comment ? En nous inspirant du port de New-York qui contrôle et encaisse les péages des ports et tunnels menant à la ville. Attribuons à un syndicat des trois ports la concession et les (modestes) péages poids-lourds de la rocade littorale. Cette décision, originale, constituera une première revanche sur la privatisation de la SANEF qui enrichit d’autres pays.
-En réactualisant les études et les propositions sur le canal Seine-Nord et sa jonction avec Dunkerque. Les polytechniciens ont refusé le relèvement des ponts à 7 mètres lors des précédents contrats de Plan. Funeste aveuglement ! Avec la réalisation du grand canal Seine-Nord, ce dossier mérite à nouveau la priorité.
-En condamnant, sans excès mais fermement, la faiblesse de la direction de la SNCF qui, sous la pression anglaise, a privé le littoral, la région de l’atout Eurostar, nous obligeant à regarder passer les trains. Honte à eux, détenteurs d’un grand service public. Il est vrai que jadis, Mr Rouvillois, patron de l’entreprise ferroviaire nous avait martelé sa vérité : « jamais, jamais, je vous le dis, le TGV ne pénétrera dans Lille, ne s’arrêtera à Lille. » Quel visionnaire ! Aujourd’hui la concurrence existe. Inventons-la.
Bientôt les Hauts de France seront l’une des très rares régions d’Europe à bénéficier d’un réseau d’infrastructures exceptionnel. Tunnel sous la Manche, Grande vitesse ferroviaire régionale, nationale, internationale, canal Seine-Nord, premier ensemble portuaire français, maillage autoroutier. Energie disponible. Nous avons tous les atouts pour que notre terre régionale porte en elle la puissance du rayonnement.
La Côte d'Opale doit désormais penser "global" sans oublier l'aéroport de Calais Marck qui lui aussi doit être intégré dans cette réflexion en tant que plateforme aéroportuaire. Les enjeux sont là, nous en sommes parfaitement conscients. Il nous faut désormais porter ce débat essentiel pour notre avenir et enfin assumer cette vision indispensable au développement de notre territoire et pour l'avenir de nos concitoyens. La Côte d'Opale a les moyens de cette ambition qui est désormais une nécessité.
Olivier BARBARIN
Wulfran DESPICHT
Claude NICOLET
Daniel PERCHERON
Anciens conseillers régionaux Nord Pas-de-Calais (2010-2015)
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Il nous a été possible ce dimanche 31 octobre, en écoutant l’émission « Questions politiques » sur France Inter d’assister à un magnifique moment de propagande. En effet, au-delà d’un certain nombre de constats sur lesquels nous pouvons être d’accord, notamment sur les questions de fiscalité, un tissu de contradictions nous a été délivré.
Je passe sur le scénario Négawatt totalement irréaliste soutenu par Mme le maire de Poitier, pour m’attarder plus précisément sur les propos du maire de Dunkerque. Là encore je passe sur le satisfécit qu’il s’accorde quant au projet de collecte d’ordures ménagères qui se heurte à des dysfonctionnements majeurs en particulier de la part du personnel communautaire, mais également des usagers et dont la presse locale titrait à la « une » la semaine passée « une expérimentation entre énigme et désastre ».
En revanche, attardons-nous sur l’annonce de 50% de report modal de la voiture vers le bus depuis qu’il est « gratuit », ce qui sous-entend que 50% des usagers du bus auraient abandonné la voiture. La journaliste insiste et lui pose la question à plusieurs reprises…Il prend bien soin de ne pas répondre.
En effet, les résultats et la méthode de cette « études » sont fortement contestés. Puisqu’il est annoncé que « 48 % des nouveaux usagers du bus ont délaissé leur voiture. Cela nous permet d’esquisser une tendance au report modal de la voiture vers le bus de l’ordre de 24 % à Dunkerque ». Volontairement, le maire ment dans son affirmation puisqu’il transforme les nouveaux usagers en report modal, ce qui est de la manipulation pure et simple. C’est donc sur ce chiffre de 24% qu’il faut se baser et non 50% tout en sachant que ce dernier est lui-même fortement contesté. Ce qui nous fait quand même un différentiel de 1 pour 2, excusez du peu !
Venons-en maintenant aux déclarations sur le parc éolien…au-delà du mépris affiché avec une rare arrogance pour ses administrés, « seul quelques individus s’y opposent et la très grande majorité de la population y adhère ». Mais qu’à cela ne tienne, puisque nous réclamons un référendum. La majorité de la population pourra donc s’exprimer en faveur de ce projet ahurissant. Pourquoi craindre la démocratie, lui qui n’a que ce mot à la bouche ? Cependant, sachant qu’il n’en est rien, il prend soin de dire qu’il est cependant nécessaire de « rassurer » cette même population qui est favorable au projet. Dès lors, pourquoi la rassurer ?
- Mais comment également passer sous silence l’engagement de près de 8000 (huit mille) de nos concitoyens qui réclament l’organisation d’un référendum afin de pouvoir s’exprimer ?
- Pourquoi passer sous silence la création d’un collectif citoyen « Vent debout 59 » qui organise la lutte ?
- Pourquoi passer sous silence que le député de Dunkerque, Christian Hutin est farouchement opposé aux éoliennes offshores ?
- Pourquoi passer sous silence qu’il a saisi le Premier ministre ?
- Pourquoi passer sous silence le fait qu’en sa compagnie nous avons saisi le Président de la République ?
- Pourquoi passer sous silence l’opposition farouche du Gouvernement belge qui considère qu’il y a des atteintes massives à la souveraineté du pays ? Notamment militaire.
- Pourquoi passer sous silence les atteintes nombreuses aux traités internationaux sur la liberté de circulation et d’accès aux voies maritimes que dénonce l’Etat belge ?
- Pourquoi passer sous silence les plaintes déposés au tribunal de Lille par le Gouvernement belge et devant la justice européenne ?
- Pourquoi passer sous silence, l’opposition de la Province de Flandre occidentale et des villes du littoral belge ?
- Pourquoi passer sous silence la proximité (moins de 70 km) de radars militaires et d’un centre d’écoute de l’armée à Dunkerque même et que Mme la ministre des Armées déclarait comme incompatible avec la présence d’éoliennes ?
- Pourquoi passer sous silence que 6 partis politiques (sans compter le Rassemblement national) n’ont pas hésité à parler d’une même voix pour réclamer un référendum, sentant bien qu’il était indispensable que nos concitoyens puissent s’exprimer ?
Tout cela n’est donc rien ? Tout cela ne représente que « quelques personnes » ?
Quand l’obstination se confond avec l’aveuglement.
Claude NICOLET
Conseiller municipal de Dunkerque
Conseiller Communauté urbaine de Dunkerque
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L'entretien que j'ai donné au journal L'Est-éclair ce 11 octobre dernier. Propos recueillis par Christophe Levert
1 En 2020, vous avez créé La Nation Citoyenne dans la perspective des présidentielles de 2022. Quels ont été les raisons qui vous ont amené à vous engager au bénéfice d’un association qui entend réunir des politiques de tous bords avec au cœur de toutes les préoccupations, la question républicaine ?
Parce que c’est aujourd’hui la question essentielle. Ce qui est en jeu c’est l’idée même de la République et de la France. Après 40 ans de déconstruction intellectuelle, politique, idéologique, de reniement de la France et de la République nous sommes aujourd’hui confrontés à des choix que je n’hésite pas à qualifier d’existentiels. La République est la forme moderne de la France et nous assistons depuis des années à une mise en cause voire une volonté de détruire et la France et la République. Seul compte les individus, les communautés quelles soient religieuses, ethniques, sexuelles…le commun, l’intérêt général tout cela doit disparaître. Au regard de ces enjeux, les Républicains doivent se réunir.
2 Une grande partie de la gauche a coupé les ponts avec la classe ouvrière et une certaine forme de patriotisme. Pour quelles raisons, selon vous, les ouvriers et les salariés, quand ils votent, ne votent plus à gauche ?
Parce que la gauche les a abandonnés. Il ne faut pas chercher plus loin. « La gauche » (en tout cas une bonne partie d’entre elle) s’est perdue dans la construction néolibérale de l’Union européenne pensant trouver un nouvel Eldorado afin de justifier l’abandon de la question sociale. Or toute l’histoire de la gauche était de penser l’articulation de la question sociale et de la question nationale. En abandonnant la question sociale pour Maastricht et la question nationale pour l’Union européenne, la gauche a perdu le peuple. Or le peuple français est profondément patriote parce qu’il est un peuple politique et que notre identité nationale est d’abord et avant tout une construction politique. Mais soyons honnête, la droite n’a pas fait beaucoup mieux.
3 En avril dernier, dans Figaro Vox, vous estimiez que l’heure était à l’audace et à la prise de risque parce que la situation l’exigeait et que les Français sentaient le pays se déliter. N’est-ce pas une invitation à rallier les extrêmes et notamment Éric Zemmour qui bouscule, aujourd’hui, l’échiquier politique à l’approche des élections présidentielles de 2022 ?
Le succès d’Éric Zemmour tient à une chose simple, il parle de la France. Il met ses mots sur des angoisses profondes qui viennent de loin. Il est le symptôme d’une crise d’identité très profonde qui existe probablement depuis les années 30 et qui s’est renforcée depuis 40 ans avec le sentiment profondément ancré chez les Français, que la maîtrise de leur destin leur échappe.
Notre société est hautement inflammable il convient donc d’être très prudent. Mais il faut avoir conscience d’une chose, une partie de plus en plus grande du peuple français veut renverser la table car il sent que c’est l’idée même de son pays, de sa culture, de ses paysages, de son histoire et de son destin dont il est question. Notre pays est aujourd’hui aux prises avec l’une des pires crises de son histoire.
4 L’identité française se pose, aujourd’hui, au cœur des débats et anime toutes les passions. Être Français, qu’est que cela veut dire pour vous ?
Être français c’est d’abord et avant tout être citoyen de la République française. C’est une exigence, une volonté. Ce sont des droits mais d’abord et avant tout des devoirs. C’est un pari sans cesse renouvelé avec l’avenir. C’est une volonté d’affronter le destin et c’est « un plébiscite de chaque jour » pour reprendre la formule de Renan. Être Français est un défi permanent. Nous devons en être fiers.
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Dunkerque le 05 octobre 2021
Objet : Construction d’un parc éolien au large de Dunkerque
A Monsieur Emmanuel Macron
Président de la République
Palais de l’Elysée
Rue du Faubourg Saint-Honoré
75 008 Paris
Monsieur le président de la République,
Si nous nous adressons à vous aujourd’hui, c’est avec la volonté de vous alerter sur les graves conséquences que la construction d’un parc éolien de 50 km2 de 46 machines de 300 mètres de haut (les plus grandes du monde) à 10 km de nos côtes, ne manquera pas d’entraîner.
Vous n’ignorez pas que le littoral dunkerquois est depuis longtemps l’une des plus grandes plateformes industrialo-portuaires de France, c’est également la plus grande zone de production d’énergie en Europe occidentale notamment grâce à la centrale nucléaire de Gravelines, sans compter nos installations gazières (gazoduc et terminal méthanier).
Cette puissance industrielle, à l’heure de la volonté que vous affichez légitiment de réindustrialiser le pays, fait notre fierté. Cependant, nous n’oublions pas que le prix à payer fût et reste lourd. En terme de disparition d’espaces naturels mais également en termes de santé publique. Dunkerque reste profondément marquée par des tragédies comme celle de l’amiante et les hommes et les femmes ainsi que leurs familles qui en furent et en sont encore victimes se comptent par centaines, voire par milliers. De la construction navale en passant par la sidérurgie, la marine marchande ou nationale ou encore la métallurgie, les habitants du littoral n’ont ménagé ni leur peine ni leur souffrance, ni même leurs vies pour relever notre bonne ville de Dunkerque ravagée par les combats de 1940, ni notre pays au lendemain de la seconde guerre mondiale.
A ce titre, comment ne pas évoquer le lieu d’implantation retenu ? C’est l’endroit de l’un des plus grands affrontements de la bataille de France en en mai-juin 1940, voire du conflit et probablement l’un de ceux eurent les conséquences stratégiques les plus importantes. C’est ici, chez-nous, que l’armée française s’est littéralement sacrifiée afin de permettre le réembarquement du Corps expéditionnaire britannique permettant à Winston Churchill et au Royaume-Uni de poursuivre la guerre. Sans Dunkerque, le 18 juin eut été vain et des milliers de soldats reposent encore dans les carcasses des navires avec lesquels ils furent engloutis. Ils permirent, du fond de la nuit, à la liberté de triompher cinq ans plus tard. Nous pensons que cette immense sépulture militaire mérite la tranquillité.
Comment ne pas faire allusion également aux milliers de tonnes de munitions chimiques déversées au larges de nos côtes à l’issue des deux conflits mondiaux ? Dont le contenu ne va pas tarder à se déverser dans la Mer du Nord provoquant une probable catastrophe environnementale de grande ampleur. Là est l’urgence écologique afin de sauver la biodiversité, la faune et la flore de notre littoral.
Par ailleurs, ce projet de parc éolien, va considérablement impacter le dernier espace naturel dont nous pouvons librement disposer, la Mer du Nord, la plage, l’horizon. Porte ouverte sur notre identité et notre imaginaire, nous pensons que bénéficier d’un espace dégagé est l’un de nos derniers luxes. La possibilité d’avoir accès au « beau » nous serait-il refusé ? Sans compter que le secteur prévu d’implantation est en pleine zone « Natura 2000 », c’est également un important couloir de migrations pour de nombreuses espèces d’oiseaux sans compter les mammifères marins qui s’y trouvent. Sans oublier que notre littoral souhaite pouvoir bénéficier du label « Grands sites de France ».
Mais nous tenons également à vous faire part de notre vive inquiétude quant à la logique qui préside à ce type d’opération. Pour le dire clairement, ce qui est à l’œuvre c’est la volonté évidente de la part de l’Allemagne avec la complicité notamment de l’Autriche et du Luxembourg de démanteler d’EDF, notre filière nucléaire, de la déconstruction de l’indépendance énergétique de la France et donc d’une dépendance accrue en direction de puissances étrangères, en particulier celles qui fournissent les métaux rares.
La compétition mondiale, montre que la France conserve un avantage évident dans la filière énergétique. Dans ce domaine, nos concurrents qui sont souvent nos alliés rêvent ou de nous dominer voire de nous laminer. Les choix européens comme ceux des Allemands, ne doivent en aucun cas servir de prétextes à des calculs de courtes vues qui s’appuient d’abord et avant tout sur une idéologie anti-nucléaire, donc pro-Carbone) qui refuse de prendre en compte la réalité des intérêts de notre pays.
Il nous faut désormais avoir une véritable vision du développement de notre territoire étroitement articulée à nos intérêts stratégiques et industriels. Il faut rajouter à cela la colère de nos voisins et amis Belges. La Panne, Ostende, Zeebrugge sont en colère et l’ont clairement fait savoir. Non seulement les collectivités locales montent au créneau, mais le Gouvernement fédéral ne compte pas en rester-là et demande d’ores et déjà des explications à l’Etat français mais envisage également de porter l'affaire devant les institutions européennes, tout comme les Chinois de COSCO.
Ce parc éolien n’est ni une chance pour la planète, ni une opportunité pour notre économie et un drame pour Dunkerque. Il faut avoir le courage de le dire et de le reconnaître, nous allons lâcher la proie pour l’ombre.
Enfin, comment refuser de prendre en compte cette contestation qui ne cesse de grandir de la part de nos concitoyens. Ils sont près de 8000 à ce jour, à être signataires d’une pétition réclamant l’organisation d’un référendum portée par le collectif « Vent debout 59 ». Colère qui va jusqu’à un sentiment de trahison parce qu’ils savent bien au fond d’eux-mêmes, que c’est de l’avenir même de Dunkerque et de son littoral dont il est question aujourd’hui. Citoyens qui veulent être entendus et dont les revendications sont loin de se limiter au fameux NIMBY. Ils ont pleinement conscience des enjeux dont il est question et souhaite pouvoir justement faire vivre pleinement leur qualité de citoyens.
Or, nous pensons que de nos jours nous ne pouvons plus séparer la question énergétique de la question démocratique tant les enjeux sont importants. Face à la demande d’énergie à laquelle nos sociétés vont devoir faire face tout en maîtrisant impérativement les rejets de gaz à effet de serre. Or comme le rappelle à juste titre François Bayrou, Haut-commissaire au plan « si l’énergie nucléaire est la seule pilotable non émettrice de gaz à effet de serre alors les engagements nationaux et internationaux que nous avons pris, nous imposent de regarder sur le long terme notre politique de production d’énergie électrique » (audition de François Bayrou par « la Nation citoyenne » 04 mai 2021).
Ces considérations sont particulièrement aiguës sur notre territoire qui concentre l’ensemble de ces problématiques.
Nous sommes convaincus que l’implantation de ce parc serait une énorme erreur qui non seulement enfermera notre territoire, mais en outre ne fera qu’affaiblir la position de la France dans ce qui structure sa recherche d’indépendance énergétique et la fabrication d’une électricité fiable et relativement bon marché. Nous vous demandons donc d’entendre les milliers de citoyens de notre littoral et de renoncer à ce projet.
Nous vous prions, monsieur le président, de croire en notre profond respect.
Christian HUTIN
Député du Nord
Membre de la commission des Affaires étrangères
Claude NICOLET
Conseiller municipal de Dunkerque
Conseiller communauté urbaine de Dunkerque
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Un citoyen dunkerquois nous a fait parvenir le compte rendu d’une réunion interne de l’organisation politique du maire de Dunkerque « Dunkerque en mouvement ». Il nous a autorisé à rendre public ce document qu’il a rédigé. Cette réunion avait pour thème principal la question du parc éolien, ce qui prouve que cette affaire devient problématique pour le pouvoir local et qu’il lui faut réagir. Devant une bonne soixantaine de personnes, la bonne parole a été délivrée. J’ai retiré les noms des personnes pour d’évidentes raisons que chacun comprendra.
Je laisse à chacun le soin d’apprécier le « contexte » qui s’en dégage, notamment ce sentiment absolu d’avoir raison et que « les autres » sont des menteurs, des imbéciles, des idiots. D’innombrables approximations, voire de mensonges sont distillés à l’envie avec pour objectifs de transformer les participants en ardents promoteurs de la propagande du pouvoir en place. Les textes en gras et en italiques sont mes commentaires et n'engagent que moi.
5éme Université DKM, samedi 18 septembre 2021 – Salle Jean Cocteau, St Pol-sur-Mer
La réunion se fera en 3 étapes de 30 mn
- Présentation technique, factuelle
- Ce que le projet apportera à Dunkerque
- Débat, interrogations dans le territoire
Mr le Maire précise que tout ce que l’on trouve sur les réseaux sociaux est faux. Nous apprécierons ici le sens de la nuance, le respect du débat démocratique et des arguments portés par les opposants à ce projet. C’est surtout très révélateur d’une forme « d’enfermement » intellectuel et de fermeture à l’échange
1/ Présentation technique
- L’accueil du projet par la population est excellent. Mais de qui se moque-t-on ? Plus de 7500 personnes réclament l’organisation d’un référendum, d’un véritable débat qu’on leur refuse systématiquement
- Le projet concourt fortement à la transition énergétique. Ce point fait encore l’objet de nombreuses interrogations, notamment dans le milieu scientifique.
- Les structures qui s’opposent au projet faiblissent, on les a peu vues dans la rue. Quelle plaisanterie. A ce compte, nous ne voyons AUCUN partisan du parc éolien dans la rue
- Le projet éolien favorise les énergies décarbonées, il ne peut donc pas y avoir de débat. Là encore on appréciera la nuance démocratique alors que la question démocratique est au cœur de la problématique de la transition énergétique. Je renvoie notamment à l’audition que Mr François Bayrou a donné à l’association « la Nation citoyenne. https://www.lanationcitoyenne.fr/wp-content/uploads/2021/07/transcription-audition-F.-Bayrou-4-mai-2021.pdf
Quant à la dimension décarbonée de l’éolien, il faut savoir de quoi on parle. Il faut surtout y rajouter toutes les émissions de CO2 liées aux centrales à gaz, pétrole ou charbon indispensables pour palier à l’intermittence.
- Dunkerque est le 1er centre énergétique en Europe, c’est une position à conserver. Nous sommes d’accord.
- La CU développe la filière énergie verte. Volonté de diminuer les émissions de CO2 et de décarboner l’énergie. Tout le monde a été contacté, les choses ont été négociées et débattues. Mais avec qui ? Pourquoi refuser systématiquement tout débat réclamé par des milliers de citoyens ? Et puis pourquoi dire que tout a été négocié, discuté, débattu quand il est dit juste au-dessus qu’il ne peut y avoir de débat ?
- La zone d’implantation a été réduite et repoussée : cela a fait l’objet d’une négociation et d’un véritable bras de fer avec l’État. « Des opposants ont demandé de placer le champ à 50 km des côtes !!!! » Quelle victoire ! On passe de 10 km à 11 km…on croit rêver.
- Le débat public a rempli son rôle et a cultivé les Dunkerquois. C’est formidable de faire les questions et les réponses en même temps. Nous savons pertinemment ce qu’est le débat public.
- Des Belges s’opposent alors qu’ils ont eux- mêmes des champs éoliens !!! Argument oiseux par excellence. Jamais les belges n’ont dit qu’ils étaient contre ce parc éolien. Ils sont contre son emplacement parce qu’il met gravement en cause leur souveraineté et leurs intérêts fondamentaux. Ce n’est vraiment pas la même chose et je constate que nos petits télégraphistes se font les relais plein de zèle de la parole officielle.
- Le dialogue se poursuit, on souhaite échanger et associer les citoyens de Dunkerque. Mais nous ne voulons que ça ! Nous le réclamons depuis des mois et des mois ! Nous voulons un référendum ! Et encore une fois nous renvoyons à la phrase précédente : « Le projet éolien favorise les énergies décarbonées, il ne peut donc pas y avoir de débat. »
- Des opposants ont prétendu que 350 000 oiseaux allaient mourir chaque année à cause des éoliennes « pourquoi pas des millions ??? » Je me permets de renvoyer aux innombrables études de la LPO (https://www.actu-environnement.com/ae/news/eolien-mortalite-oiseaux-LPO-29243.php4) L'association montre dans une étude inédite que les éoliennes présentent un risque plus important pour les oiseaux dans les zones Natura 2000. Elle préconise l'implantation des parcs en dehors de ces zones. Quant aux espèces impactées, "81% des cadavres retrouvés appartiennent à des espèces protégées ou présentant une préoccupation majeure quant à leur état de conservation", rapporte l'étude. Il est constaté que les espèces les plus fragiles sont également davantage affectées dans les sites Natura 2000.
- Les pêcheurs seront accompagnés : leurs bateaux pourraient être utilisés pour le champ.
- Il y aura 1 km entre chaque éolienne, les pêcheurs pourront donc placer leurs filets.
- Début des travaux fin 2023, mise en service 2027 pour une exploitation de 30 ans,
- Les Belges ne sont pas gênés pour la navigation puisque leur route maritime est à l’arrêt depuis 1993. Mais de quoi se mêle-t-on ? Depuis quand c’est au maire de Dunkerque ce que doivent faire ou ne pas faire les Belges ? C’est consternant de dire qu’ils ne sont pas gênés c’est une ingérence directe dans leurs affaires. Et même si cette voie n’est pas utilisée aujourd’hui, rien ne dit qu’elle ne le sera pas demain pour une raison qu’in ne mesure pas à ce jour. C’est ça une atteinte caractéristique à la souveraineté d’un Etat. Quelle arrogance !
- On va peut-être un peu voir les éoliennes à partir de la côte, comme des bâtons d’allumettes. Une visite chez l’ophtalmologiste est urgente !
- Le débat « Dynamo » relatif aux épaves et lieux de mémoire des victimes ne tient pas. Ah bon ! Alors que la bataille de Dunkerque et le souvenir de l’Opération Dynamo en s’appuyant sur le tournage du film de Christopher Nolan est devenue l’un des piliers de la nouvelle politique touristique et « mémorielle » de la municipalité, voilà que soudain on décrète que « ce débat ne tiens pas ». Quel cynisme !
- Le coût du MW sera de 44 €. C’est ce qui est annoncé aujourd’hui. Mais ce n’est pas de cette façon qu’on « pense » une politique énergétique. Et ce n’est en aucun cas le prix que paierons les Dunkerquois. Le plan global de l’éolien en France prévu est de 140 milliards d’euros. Le fameux « green deal » se fait au détriment des intérêts de la France et en particulier d’EDF que l’Allemagne soutenue notamment par l’Autriche veulent absolument démanteler. Pour preuve l’exclusion du nucléaire des « obligations vertes » alors que le gaz y est, et la lutte sans merci pour que l’énergie nucléaire soit mise en dehors de la Taxonomie.
2/ Ce que le projet apportera à Dunkerque
Mr Mathieu Monnier (Fédération Energie Eolien)
Mr Xavier Arnould, directeur de EMD
Mr François-Yves Jolibois réseau Jade
Mr Adrien Cartier Géodunes
Nous travaillons pour nos enfants, pour une résilience urbaine – renforcement de la digue, éoliennes etc.
- Des entreprises de Dunkerque travaillent à Saint Nazaire, dans une usine d’assemblage d’éoliennes.
- Formations supplémentaires pour des entreprises de Dunkerque, avec augmentation de leurs capacités et de leurs compétences.
En 2021, les 2/3 des énergies en France sont carbonées ; 50% de l’énergie est électrique, le nucléaire est complémentaire. Mais ils ont fait quoi comme études ces gens ? Le nucléaire est complémentaire ? Mais c’est notre source principale d’électricité qui permets à la France d’être très vertueuse dans ses émissions de CO2
-Les éoliennes sont une chance pour Dunkerque ; il y aura des mesures compensatoires pour qui serait défavorisé. J’imagine qu’il s’agira de verser des subventions aux communes qui s’estimeraient lésée par le préjudice subi et surtout de s’assurer de leur soutien…
-Il y a 5400 éoliennes en mer en Europe ; elles servent de refuge pour les poissons.
-Il y a 5000 emplois liés, il y en aura 15000 à terme, usine de construction au Havre, avec 750 emplois, dont beaucoup de personnes reconverties de la centrale à charbon qui a vocation à fermer. Ils pourront également se reconvertir dans les centrales à gaz ou à pétrole indispensables aux énergies intermittentes
-La fabrication d’hydrogène doit passer de « gris » à « vert » (passer du gaz naturel, charbon, pétrole à électrique)
-Des problèmes ont été soulevés par des éleveurs, qui prétendaient que les éoliennes situées à 5 km de chez eux avaient une influence sur le bétail, alors que le souci venait de la propre installation électrique de l’éleveur.
-Les USA et la Chine doivent faire des efforts pour réduire la pollution.
-La Chine est le pays au monde qui installe le plus d’éoliennes chez lui. Et qui détient l’essentiel des terres rares qui permettent de fabriquer les rotors et dons de nous mettre dans une dépendance stratégique.
-Beaucoup de fantasmes autour des éoliennes. Non, non, on sait très bien de quoi il s’agit.
-Résistance au changement sur les réseaux sociaux. Surtout quand il s’agit d’un projet qui va nous mener dans une impasse.
-Quand la tour Eiffel a été construite, certains ont trouvé cela moche. Et maintenant ?? Nous devons accepter tout et n’importe quoi avec ce type d’argument qui n’en est pas. Nous parlons de l’indépendance énergétique de la France. De l’excellence d’une filière industrielle.
3 / Débat, interrogations dans le territoire
A / Affirmation : Le détail de la vue n’est rien par rapport à l’avenir de nos enfants. Le « détail » …la beauté n’est rien, la sérénité d’un paysage ne compte pas et ce patrimoine à transmettre n’a aucune importance. Apparemment ça ne compte pas « pour nos enfants » qu’ils puissent encore admirer le dernier paysage sauvage, notre littoral. N’aurions-nous pas droit au « beau » ? A un paysage, un horizon dégagé ? Porte ouverte sur notre imaginaire ?
B / Question : dans tout projet, il faut considérer le bilan carbone dans tout le procédé
Réponse : c’est important, on s’en occupe. Ne vous préoccupez de rien on s’en charge. A cette question fort pertinente voilà une réponse bien indigente. Justement il faut s’en préoccuper et il est légitime que nous en soyons informés.
Pour l’éolien c’est 12 gr. Le nucléaire 6 gr. Le Photovoltaïque 55 gr. Le charbon ou le gaz 500 gr. Mais à Dunkerque on sera meilleur que 12 gr. Sur quelles bases sont effectués ces calculs qui aboutissent à ce résultat ? Energie intermittente, les rejets de CO2 liés au gaz, au charbon et au fuel sont-ils pris en compte ? Sans compter l’impact sur les prix… https://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/energie-la-flambee-des-prix-actuelle-est-inouie-1347404 faut_il également y inclure l’incertitude liée aux aléas du climat ? L’Angleterre y a été directement confrontée cet été. https://www.numerama.com/sciences/740747-11-000-turbines-mais-pas-de-vent-leolien-britannique-souffre-dune-meteo-imprevue.html
C / Question : On voit pas mal d’éoliennes dans nos régions, mais on en voit souvent un pourcentage important arrêtées : pourquoi ?
Réponse : il nous arrive d’arrêter les éoliennes par exemple quand on nous annonce une période de migration d’oiseaux. Et parce qu’il n’y a pas ou trop de vent, ça n’arrive jamais et pendant ce temps elles ne fournissent aucune électricité.
D / Question : Nous sommes tous ici présents favorables à la recherche et au développement d’énergies propres. Pour les champs – ou usines - éoliennes je voudrais savoir si j’ai bien compris : champ prévu pour 600 MW en fonctionnement maximum, compte tenu de la force du vent (30 % du temps) cela nous ramène à 200 MW, et si on passe par l’hydrogène, pour stocker l’électricité, compte tenu d’un rendement de 50 %, cela nous ramène à 100 MW sur les 600 MW initiaux. Ai-je bien compris ? Oui, vous avez bien compris, la puissance installée (600 MW) est une vitrine et ne fournira jamais ce qui est annoncé. Autrement dit ça coûte très cher aux contribuables pour un outil industriel qui ne répond pas à ce qui est annoncé.
Réponse : On fait ce que l’on veut avec l’électricité produite, de l’hydrogène ou autre chose, et les 600 MW sont envoyés dans le réseau. Quel cynisme…on ne fera jamais d’hydrogène. Le seule hydrogène « vert » c’est celui produit par le nucléaire (qui ne fait pas de carbone), pour une raison simple, il faut énormément d’électricité pour produire de l’hydrogène. Mais l’hydrogène est en effet une piste d’avenir.
Les éoliennes de Dunkerque fonctionneront 80 % du temps, et 45 % du temps en charge maximum. Ces chiffres sont une vue de l’esprit et ne peuvent en aucun cas être garantie.
C / Question : Coût de la construction
Réponse : 1 Md pour la construction. 0.4 Md pour le raccordement. Pas de subvention pour le prix du MW, ça sera 44 €
Autres informations
Le préfet maritime a imposé des distances, on ne peut pas aller plus au nord.
Avec la Belgique : leur trafic maritime s’est arrêté en 1993 donc sans objet; le trafic aérien est très haut, mais il faudra sans doute voir une procédure avec eux. Tiens donc, il faut quand même voir une procédure…Mais dans tous les cas se permettre de parler à la place de nos amis Belges est d’une insupportable arrogance.
Si des groupes de pression (amusant de constater que des citoyens qui veulent s’exprimer démocratiquement sont transformés en « groupes de pressions, ça en dit long sur la perception de certains d’entre nous par le pouvoir local) avaient existé en 1960 à la venue d’Usinor, et qu’ils avaient empêché la construction de l’usine, nous n’aurions aujourd’hui plus que nos yeux pour pleurer. Comme c’est bizarre, au début de son premier mandat le maire de Dunkerque n’avait pas de mots assez dures pour condamner cette horrible industrie et l’économie « à la papa » mais passons…La volonté de l’Etat lors de l’implantation d’Usinor à Dunkerque était double; inscrire la France dans les grandes puissances industrielles de dimension mondiale dans des industries stratégiques et prendre le tournant de la modernité avec la sidérurgie sur l’eau. C’était un enjeu de souveraineté. L’éolien c’est exactement l’inverse. Nous renforcerons notre dépendance énergétique notamment vis-à-vis de la Chine et nous affaiblirons notre filière nucléaire et EDF ce que souhaite ardemment la commission européenne sous influence allemande et autrichienne.
On va travailler « l’accompagnement » vers les citoyens et les entreprises. Nous sommes en effet probablement trop bêtes pour tout comprendre, il faut nous accompagner. Je conseille tout simplement au pouvoir en place d’aller à la rencontre de nos concitoyens, ils ont parfaitement compris et savent de quoi il retourne. Ils n’en veulent pas !
Conclusion par Mr P Vergriete (maire et président de la CUD)
- Arcelor consomme 800 MW : les 600 MW du parc ne suffiront pas, Il faudra de l’hydrogène (propre) pour remplacer ces 800 MW carbonés.
- Les 2/3 de notre énergie est carbonée : il faut changer cela (voiture, chauffage)
- On peut imposer, ou on peut expliquer, convaincre, démocratiquement. C’est la meilleure, il refuse tout débat, il refuse un référendum, il est le premier à dire, « il n’y a pas débat ». Il ne connaît que la force et la brutalité. Il ne mesure les choses qu’en fonction de la soumission que vous lui témoignez. Mieux vaut rire d’une telle déclaration.
- Certains acceptent, certains refusent, mais leurs arguments ne tiennent pas 30 secondes. Enorme rire de notre part…
Le monde change très vite; Dunkerque a doublé la fréquentation des bus en 2 ans depuis qu’ils sont gratuits (et on a besoin de subventions pour ça). Tout le monde nous envie. Voilà enfin un fond de vérité. Nous avons besoin de recettes du parc éolien pour faire tourner la boutique parce qu’on a peut-être un peu trop dépenser et que sans cet argent on ne va pas y arriver quitte à sacrifier notre avenir.
Il faut accepter que le paysage change aussi. Autre aveu qui va à l’encontre de toute la propagande officielle sur la biodiversité, la qualité environnementale, la transition écologique…Nous avons du mal à mesurer à quel point on nous prend pour des billes.
Claude NICOLET
Conseiller municipal de Dunkerque
Conseiller communauté urbaine de Dunkerque
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Ma tribune parue le 10 septembre 2021 sur le site RT France
«J’ai délaissé toute profession pour devenir un combattant de l'Etat islamique». Salah Abdeslam est devant ses juges. Justice sera rendue et le sera au nom du peuple français. C'est désormais la République et la démocratie qui ont la main, comme l'a fort justement dit le président de la Cour, Jean-Louis Périès.
Il n'empêche, le décor est planté et il ne faut se faire aucune illusion. Le terroriste qui a participé à ensanglanter notre pays, s'il a échoué dans l'ignoble mission qui était la sienne, semer la mort et le chaos en se faisant exploser, ne compte pas en rester là. Son gilet explosif n'a pas fonctionné, peut-être qu'au dernier moment il n'en a pas eu la force.
Il est donc le seul survivant de cet escadron de la mort, biberonné à la haine à l'état pur de ce que nous sommes et de ce que nous représentons. Il n'est pas encore au paradis qui lui est promis, il l'a encore rappelé lors du premier jour d'audience.
Il sait qu'il n'y a pour lui aucune clémence à attendre et qu'il sera condamné par la peine la plus lourde prévue par notre code pénal. Perpétuité et peine de sûreté.
Mais il l'a dit : il est un combattant de Daesh.
Le procès qui s'ouvre sera un nouveau champ de bataille, une nouvelle opportunité de se poser en militant de l’Etat islamique. Ce procès sera pour lui une «seconde chance».
Il ne faut nourrir aucun espoir, aucune espérance de le voir faire amende honorable. Il ne fera aucune excuse, il n'aura aucun remord et nous devons nous départir de toute naïveté. Il poursuit et poursuivra la guerre qu'il s'est juré de nous livrer.
A défaut de mourir le 13 novembre 2015 en emportant avec lui le maximum d'hommes, de femmes et peut-être d'enfants, à défaut de se volatiliser en «martyr» du fascisme islamiste, il s'immolera symboliquement face à une justice qu'il ne reconnaît pas avec pour seul objectif : celui de servir d'exemple et de faire des émules partout où il pourra en faire.
Si l'accusé est dans le box, il n'est que l'aboutissement d'un processus idéologique qui continue d'être à l'œuvre
Il veut, il doit démontrer qu'un combattant de Daesh ne capitule pas, ne recule pas, ne cède devant aucune puissance terrestre. Il sait l'importance de la couverture médiatique de ce procès historique, il sait l'immense caisse de résonance dont vont bénéficier les moindres de ses propos. De ce procès, il veut en faire une sorte de «testament politique» à destination de tous les apprentis djihadistes et devenir une figure tutélaire de cette monstruosité. Il sait l'audience qu'il peut avoir et il l'utilisera. Une rupture ontologique, c'est-à-dire qui concerne l'être lui-même est visible ici, sous nos yeux. La justice des hommes d'une part, le totalitarisme essentialiste et divin d'autre part. Il ne faut se faire aucune illusion, la posture de notre djihadiste s'inscrit dans une perspective de conquête, d'influence, de recrutement et de volonté de domination.
César doit reprendre ce qui lui appartient et imposer, affirmer que pour le reste, «on verra ça plus tard». Car il s'agit également d'une lutte idéologique, politique et culturelle dont il convient de démontrer, de démonter les tenants et les aboutissants. Car c'est à cela qu'est confrontée notre société, notre pays. Si l'accusé est dans le box, il n'est que l'aboutissement d'un processus idéologique qui continue d'être à l'œuvre.
Pour ce qui nous concerne, seul compte que la justice passe. Que la douleur des victimes, tuées et blessées, de leurs familles, amis et proches soit entendue. Que ce procès soit pour nous un moment de dignité face à l'indignité, un moment d'unité face à la volonté de destruction, un moment de courage face à l'ignominie, un moment de fraternité face à la haine et à la terreur qui se veut divine, un moment d'affirmation de ce que nous sommes face à ceux qui veulent nous détruire.
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La presse nous informe, même si les rumeurs allaient bon train, qu’un projet de police communautaire est en cours de « réflexion » à la communauté urbaine de Dunkerque.
Les questions de sécurité, de tranquillité publique doivent être abordée avec le sérieux et la rigueur indispensable qu’exigent ces sujets.
En effet, ce sont des problématiques sensibles et auxquelles nos concitoyens accordent, à juste titre, une grande importance. De trop nombreux faits divers viennent hélas nous en rappeler l’importance.
La sécurité est l’une des premières de nos libertés, elle conditionne le reste et sur ce point, nous ne faisons preuve d’aucune naïveté ni d’aucun angélisme. Nous sommes aux côtés des forces de l’ordre et de secours (police nationale et municipale, gendarmerie, sapeurs-pompiers) et il nous a été possible, à de nombreuses reprises de leur faire part de notre entière solidarité.
Nos concitoyens, dans un monde qu’ils perçoivent comme incertain, veulent que la puissance publique assure son rôle et au premier duquel la sécurité.
Sur ce point, nous voyons clairement apparaître depuis plusieurs années, la montée en puissance des « polices municipales » et incontestablement leurs missions se développant, elles sont amenées à occuper de fait sur le terrain, des missions qui jusqu’à présent étaient dévolues à la police nationale.
Il faut également souligner que la police nationale est assez mal lotie à Dunkerque. Il manque au moins 30 fonctionnaires de police au commissariat de Dunkerque et dans ces conditions la tentation est grande, de « remplacer » la nationale par la municipale, nécessité faisant loi.
Or cette impossibilité de l’Etat d’être à la hauteur des obligations qui sont les siennes, notamment en termes d’effectifs, semble inéluctablement nous conduire vers une « municipalisation » des questions de sécurité qui sont fondamentalement des questions régaliennes.
Mais il se pose d’autres questions
Juridiques, politiques et démocratiques.
Juridiques tout d’abord
Le pouvoir de police générale du maire ne peut en aucun cas être transféré au président d’un EPCI. Seuls les pouvoirs de police spéciale limitativement énumérés à l’article L. 5211-9-2 du CGCT peuvent faire l’objet d’un transfert. Or les pouvoirs de police spéciale concernent les ordures ménagères, l’assainissement, la voirie, le stationnement, la circulation, les taxis, l’habitat.
Cela dit, il peut y avoir transfert pour la police de l’organisation de la sécurité des manifestations culturelles et sportives (possibilité d’enjoindre à l’organisateur la mise en place d’un service d’ordre).
Mais également pour la police de la défense extérieure contre l’incendie (planification des points d’eau incendie) lorsque l’EPCI à fiscalité propre est compétent en matière de service public de défense extérieure contre l’incendie (alimentation en eau des moyens des services d’incendie et de secours).
Politiques ensuite
On mesure pleinement à quelle vitesse se fait la fameuse « mutualisation » des services entre la ville de Dunkerque et la CUD. A cette allure les maires ne vont plus tarder à devenir des « supers adjoints » de leur propre commune que leur restera-t-il si les questions de sécurité leur échappent totalement ? Nous sentons bien qu’une forma de « normalisation » est à l’œuvre surtout sur un sujet aussi sensible. Alors que le nouveau pacte de solidarité communautaire peut avoir comme conséquences que les taux d’impositions de la fiscalité locale soit décidés par la CUD, si en plus le maire ne bénéficie plus de la prérogative de police, de quoi sera-t-il responsable devant ses électeurs ? Les conflits sont nombreux à prévoir. Le fonctionnaire de police municipale devenant communautaire sera responsable devant qui ? De qui dépendra sa carrière ? A qui rendra-t-il des comptes ? Au maire de sa commune ? Au président de la CUD ? Aux deux ? Que faire en cas de divergence quant à la politique de sécurité à mener ? Voilà de lourds dysfonctionnements en perspective qui ne feront que porter atteinte à l’efficacité et au service rendu à la population. Au nom d’un principe simple, celui qui veut que la responsabilité ne se partage pas ! Surtout dans ce domaine. Il serait inconcevable de mettre en place une chaîne de commandement dont on perçoit d’ores et déjà toutes les difficultés.
Démocratiques pour finir
Les questions de sécurité doivent être très sévèrement encadrées afin d’avoir toutes les garanties démocratiques et républicaines. La police nationale est très encadrée, il existe également un code de déontologie pour la police municipale.
En dernier ressort, le ministre de l’intérieur est responsable devant le Parlement et peut-être « débarqué » du jour au lendemain pour des raisons politiques, notamment au regard de ses résultats. Le maire, ce n’est pas le cas. Certes il rend compte devant ses électeurs s’il se représente à leurs suffrages mais sans plus. Quant à un président de communauté urbaine…élu au suffrage indirect, au second degré, c’est un éloignement supplémentaire du souverain (l’électeur) sur un point essentiel qui est celui de la sécurité publique.
Confier de tels pouvoirs au président de la CUD ne nous semble ni raisonnable, ni souhaitable. Nous n’oublions pas qu’il a crée dans son mandat précédent « un comité d’éthique territorial » aux relents nauséabonds de délation et de surveillance, qui n'est toujours pas dissous à ce jour.
Quelques propositions
Il faut donc envisager autre chose, en particulier si certaines communes ont besoin de moyens supplémentaires. Il faut envisager un « plan sécurité » visant à doter les collectivités des moyens matériels indispensables pour faire face aux obligations qu’elles estiment indispensables.
Mettre en place un « Contrat intercommunal de sécurité » afin de mettre sur pied une action globale face aux phénomènes concernant la sécurité. Etat, Justice, Police nationale, gendarmerie, sapeurs-pompiers, police aux frontières, Education nationale, bailleurs sociaux, CCAS…
Voilà qui pourrait permettre d’avancer tout en respectant un certain nombre de principes essentiels, en étant efficace et pragmatique sans chercher à mettre sur pied une « organisation » pour le moins discutable.